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La guerre en Iran menace le crédit immobilier en France

  • 3 avr.
  • 3 min de lecture

Un crédit sur 20 ans se négocie entre 3,30 et 3,50 %, quand il se payait autour de 3,20 % en 2025.


DÉCRYPTAGE - La plupart des banques remontent leurs taux, dans un contexte économique et politique incertain.

La guerre en Iran, et le blocage du détroit d’Ormuz, ne fait pas que renchérir le prix à la pompe. Le conflit fait grimper les taux de crédit immobilier. Une mauvaise nouvelle pour les Français qui ont un projet dans les cartons.

La remontée des taux des obligations d’État, notamment ceux de l’OAT à 10 ans française, a un effet immédiat pour les emprunteurs. Ces taux à long terme sont une boussole pour le crédit immobilier des particuliers. « Les deux sont extrêmement liés», rappelle Philippe Crevel, directeur du Cercle de l’Épargne.

Or vendredi, l’OAT à dix ans s’est envolé à près de 3,90%, un niveau que l’on n’avait plus vu depuis la crise des subprimes en 2009. Ce qui va obliger les prêteurs à s’ajuster. Un certain nombre de banques sont déjà sorties du bois en relevant leurs barèmes pour le mois d’avril, de 0,10 point en moyenne, mais jusqu’à 0,30 point pour l’une d’entre elles.

Les établissements bancaires, qui ont l’habitude de donner leurs barèmes en ordre dispersés, n’ont pas encore tous fourni leurs grilles. Mais le mouvement ne fait guère de doutes. « D’autres banques vont suivre avec des hausses aussi fortes », prédit Pierre Chapon, cofondateur du courtier Pretto. « Les banques savent qu’elles n’ont pas d’autre choix, mais elles le font à reculons, précise Sandrine Allonier, porte-parole du courtier Vous Financer. Elles savent qu’augmenter les taux veut aussi dire moins de dossiers »


Poussée de fièvre

La tendance à la hausse des taux de crédit était enclenchée avant la survenue du conflit au Moyen Orient. La difficulté à faire voter le Budget de l’État l’an passé et les craintes qui pèsent sur l’endettement public de la France, ont fait grimper les taux longs ces derniers mois, poussant les banques à s’ajuster. Mais la pression était à nouveau retombée en début d’année, et le coût du crédit commençait à s’assagir à nouveau.

Cette nouvelle poussée de fièvre tombe pour les banques au mauvais moment. Le printemps est une période phare pour l’immobilier où les établissements bancaires jouent des coudes pour recruter de nouveaux clients. Le crédit immobilier reste un produit d’appel sans égal. 

Pire, ce revirement intervient à un moment où le secteur reprenait des couleurs. La flambée des taux de 2022 à 2023 avait contribué à plomber les ventes de logements. 2025 a marqué un rebond. Le nombre de ventes est remonté à 950 000 unités (+12% par rapport à 2024). L’an dernier, la production annuelle de crédits immobiliers s’est établie autour de 142 milliards d’euros, selon la Banque de France (+35 %). Le risque est que la remontée des taux casse cette reprise.


Certes, pour l’heure, l’impact de l’augmentation des taux reste acceptable pour le portefeuille des clients. Une hausse de + 0,10% sur un prêt de 200 000 euros équivaut aujourd’hui à 10 euros de plus à verser chaque mois. Ce qui ne change pas fondamentalement l’équilibre d’une opération. « Les augmentations du coût du crédit restent encore limitées », constate Eric Allouche, directeur France du réseau Era immobilier. Un crédit sur 20 ans se négocie entre 3,30 et 3,50 %, quand il se payait autour de 3,20 % en 2025.


« On a des clients qui veulent finaliser rapidement leur achat, de peur que les conditions se dégradent davantage, constate Frédéric Teboul, cofondateur du réseau parisien Frédélion. En revanche, je ne constate pas d’attentisme particulier de la part des acheteurs. La période reste propice car les dernières années les prix de vente se sont aussi ajustés » 

Et pour la suite de l’année ? Tout dépendra de l’ampleur et de la durée du renchérissement du crédit.« Certaines banques sont dans le statu quo et ne remontent pas leurs taux, observe Laura Martino, directrice des partenariats bancaires chez Cafpi. Elles estiment que la situation est transitoire, que le conflit ne va peut-être pas durer ». Malgré les pressions à la hausse, la concurrence reste malgré tout forte entre les établissements, ce qui les incite à ne pas remonter trop fortement les taux de crédit immobilier.

 
 
 

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